Le ministre de la Justice Gérald Darmanin lors d'une visite à la prison de la Santé, à Paris, le 21 novembre 2025 ( AFP / Thibaud MORITZ )
Il y avait 86.229 détenus dans les prisons françaises le 1er décembre 2025, une nouvelle hausse mensuelle dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon des données publiées vendredi par le ministère de la Justice.
À la même date, les prisons françaises comptaient seulement 63.613 places opérationnelles, ce qui établit le taux de densité carcérale à 135,6%.
Le 1er novembre, il y avait 85.373 détenus. Sur un an, les prisons françaises en comptent 5.437 de plus (+6,7%) pour seulement 1.209 places opérationnelles supplémentaires (+1,9%).
Cette surpopulation concerne principalement les maisons d'arrêt (164,7%) parmi les quelque 200 établissements pénitentiaires du pays. Elle est particulièrement prégnante en région parisienne, avec une densité carcérale de 160,5%, et en outremer (149,6%).
La France figure parmi les mauvais élèves en Europe en termes de densité carcérale. Seules la Slovénie et Chypre font pire, selon une étude publiée en juillet par le Conseil de l'Europe.
Syndicats et professionnels du monde pénitentiaire décrivent régulièrement un système au bord de l'explosion, cette surpopulation s'accompagnant d'un sous-effectif chronique parmi les surveillants et de l'insalubrité de nombreux lieux de détention.
Le ministère de la Justice compte ouvrir d'ici un an et demi 3.000 places supplémentaires dans des prisons modulaires. Mais seules 4.500 des 15.000 places additionnelles prévues dans un plan lancé en 2018, ont pour le moment été livrées, reconnaissait l'été dernier le ministère de la Justice.
Des voix s'élèvent pour que la France, à l'instar d'autres pays européens, s'engage dans la voie de la régulation carcérale, un ajustement de la population pénitentiaire en limitant les entrées ou en facilitant les sorties pour éviter une surpopulation.
Mais cette option est à contre-courant des discours politiques sur l'exécution des peines de détention. Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a dit son opposition à une telle politique.

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